Je dédie ce livre à Claude Buisson qui vient de nous quitter le 1 novembre 2010 pour son aide précieuse.

& Table des matières &

 

Introduction. 2

1 - La naissance de Marie Bonnefoy. 2

2 - Félix Buisson. 2

4 – Pierre Buisson. 2

6 - Les lignes de chemin de fer. 2

7 - Les Bretons. 2

8 - A Bressuire. 2

9 - 1870, la guerre contre la Prusse et le décès de Claude Buisson. 2

10 - Le remariage de Marie Bonnefoy. 2

12 – L’adolescence d’Armand. 2

13 - Marie-Eugénie - 1878. 2

14 - L’an 1879. 2

16 - Le service militaire d’Armand. 2

17 - Le mariage d’Armand. 2

18 - Dans le Diois. 2

19 – La famille Privat 2

20 – Anne Félicie Buisson et les Bonnebouche. 2

21 - Marie Bonnefoy. 2

22 – La famille Lecorre. 2

23 - Pierre Buisson. 2

24 - Félix Buisson. 2

25 - Armand Buisson et Catherine Lavêque. 2

25-1 : 1905 : Le travail aux stations de métro St Michel et La Cité. 2

25-2 : 1906-1907 les rencontres des familles Viers-Stouvenin et Buisson-Viers. 2

25-3 : 1907-1913 2

25-4: Le travail sur les tunnels de Vallorbe à Frasnes. 2

25-5: La guerre 1914-1918. 2

25-6: L’après guerre. 2

26 – L’album photo. 2

27 La descendance complète de Marie Bonnefoy. 2

Epilogue. 2

Remerciements. 2


Introduction

 

 

 

I

l était impossible de ne pas croiser la route de Marie BONNEFOY dans mes recherches généalogiques. C’est en effet mon arrière arrière grand-mère. Mes recherches généalogiques ont débuté vers 1974 par la collecte d’informations familiales et entre autre celle de mon grand-oncle André Buisson.

 

Félines, petit bourg de Haute-Loire situé à quelques kilomètres de La Chaise-Dieu est le berceau de la famille BUISSON. C’est le nom de jeune fille de ma grand-mère maternelle. Les registres de l’Etat Civil et les registres paroissiaux des Archives Départementales du Puy et ceux de la mairie de Félines m’on aidé à trouver neuf générations de Buisson jusqu’au temps de Louis XIV. Malheureusement ces documents datant de près de trois siècles ne sont plus maintenant communicables au public car trop détériorés.

 

Désireux de connaître le pays où vivaient mes ancêtres Buisson, un jour d’été 1985, je partis à Félines et me promenai dans les hameaux du Favet, d’Estables, d’Almance et d’Almancettes. Dans ce dernier hameau, je rencontrai un homme âgé d’environ 75 ans, Monsieur Joseph Pontès. Par le plus grand des hasards, cet homme m’apprit que ses beaux-parents avaient acheté la maison des Buisson d’Almancettes, des bois et des terres qui se situent en dessous de Roche Buisson. Joseph Pontès avait des documents sur la population d’Almancettes qu’il avait trouvé dans la maison de ses beaux-parents. Tous ces documents sont maintenant dans les mains de sa fille, Mme Combrisson[1], assistante sociale à Saint-Etienne. Mme Combrisson m’a invité à consulter ces documents qu’elle gardait précieusement.

 

Ces documents comprenaient des actes notariés, des contrats de mariage et des lettres personnelles. Ils m’apprirent énormément de détails sur la vie à Almancettes. Je pus compléter mon arbre généalogique et découvris que j’avais avec Mme Combrisson un lien de parenté avec un ancêtre commun. En résumé, Jean Pierre BUISSON, mon arrière-arrière-arrière grand-père est aussi son arrière-arrière grand-père par l’intermédiaire de Jean Boucharel, Célestin Boucharel et Joseph Pontès.

 

Ces lettres m’ont fait découvrir des choses extraordinaires et inestimables. Ces lettres étaient la correspondance qu’entretenait mon arrière arrière grand-mère Marie Bonnefoy et ses enfants avec sa famille d’Almancettes. Mes ancêtres se trouvèrent revivre et devenir plus réels. C’est avec tous ces documents que je vais vous conter l’histoire extraordinaire de Marie Bonnefoy et son époux Claude Buisson


1 - La naissance de Marie Bonnefoy

 

A

u cœur du Forez, sur les coteaux boisés de conifères et de feuillus, les genêts en fleurs embaument la vallée de la Dore. A quelques lieues d’Ambert, Marie Chantard, âgée de cinquante huit ans, exerçant la profession de sage-femme se présente en ce

Ü 2 mai 1830 devant l’officier public de l’état civil en la mairie de Saint Just de Baffié[2]. Elle vient déclarer la naissance d’une fille prénommée Marie Bonnefoy. Elle est née aujourd’hui dans la maison de ses parents, située à Meneyrol, un petit hameau du village. Sa mère Jeanne Chaptinel est restée chez elle dans la maison de ses parents, en attendant le retour de son mari. Antoine Bonnefoy, le père de Marie, cultivateur est absent ce jour là. C‘est pourquoi, l’oncle de Marie, Jean Bonnefoy, âgé de 40 ans, cultivateur à Fargette, hameau du village se présente à la mairie comme témoin. Alors commence la vie de Marie Bonnefoy.

 

Repère – Trajet :

Saint Just de Baffié se situe au sud-est d’Ambert, sur les contreforts des Monts du Forez et ci-dessous la famille Cassini a établi cette carte des lieux autour de ce village.

 

 

Ü Le 13 juillet 1834, Marie à l’âge de 4 ans perd sa mère le. Sa mère, âgée de 34 ans décède à 6 heures du matin dans la maison de ses parents au hameau de Meneyrolles. Son mari Antoine Bonnefoy, 46 ans et Jean Chaptinel, le père de Marie, 70 ans tous les deux cultivateurs de Meneyrolles viennent déclarer le décès de Marie Chaptinel à la mairie de St Just de Baffié.

 


Acte de décès de Marie CHAPTINEL

 

Un an après le décès de sa première épouse, Antoine Bonnefoy se remarie avec Louise Ferodel alors que sa fille, Marie Bonnefoy a 5 ans.

 

Au cours de cet hiver rigoureux, Marie Bonnefoy a 6 ans quand son père décède à son tour le Ü 21 février 1836 à 1 heure du matin. C’est Jean Bonnefoy, son frère, garde-champêtre, âgé de 52 ans de Fargette et son oncle Antoine Veyret, âgé de 60 ans qui viennent déclarer son décès à la mairie.

 

Acte de décès d’Antoine BONNEFOY

 

A 6 ans, Marie Bonnefoy est orpheline. C’est son oncle Jean qui va élever Marie. La vie de Marie Bonnefoy qui débute si tristement, va s’écouler plus calmement au lieu dit Fargette.

 

Les années passent, Marie grandit… Son oncle sera t-il présent jusqu’à l’âge adulte de Marie ? Que va t-elle devenir ? Beaucoup d’interrogations…La trace de Marie se perd pendant toute son enfance et ses premières années d’adulte. Et c’est seulement à 27 ans que je retrouve sa trace. Que s’est-il passé pendant tout ce temps ? Mystère….

 

 

 

 

2 - Félix Buisson

 

 

M

arie est partie de Saint-Just de Baffié pour chercher du travail. Elle est maintenant ménagère à Besançon. Elle rencontre Claude Buisson à Besançon ou dans leur Auvergne natal. Claude, âgé de 35 ans est mineur dans la région de Besançon. Claude est natif du hameau d’Almancettes de la commune de Félines en Haute-Loire à une vingtaine de kilomètres de Saint-Just de Baffié. Se sont-ils rencontrés à La Chaise Dieu, à Arlanc lors d’une foire ou ailleurs… ? Je ne saurai le dire.

Ü Le 10 octobre 1857, Marie âgée de 28 ans accouche à son domicile aux Chapris dans la banlieue de Besançon d’un petit Félix. Elle demeure avec Claude Buisson. Marie élève son petit garçon Félix à Besançon.

 

 

Repère – Trajet :

Le lieu de Chapris n’existe pas à Besançon mais on trouve la rue des Chaprais.

 

 

Ü Le 29 octobre 1858, le père de Claude Buisson décède et cet événement va précipiter le retour de la famille en Haute-Loire. Félix a un an.


3 - Le mariage

 

 

E

n ce Ü 23 février 1859, devant Paul Boucharel, maire et officier de l’état civil de la commune de Félines, se présentent en la maison communale: Claude Buisson, 36 ans, cultivateur, demeurant à Almancettes et Marie Bonnefoy, 29 ans, ménagère, demeurant à Meneyrol pour procéder à la célébration de leur mariage. Claude Buisson célèbre son mariage tout juste 4 mois après le décès de son père et 29 ans après celui de sa mère Charlotte Roussel. Pierre Buisson, le frère de Claude est un des témoins du mariage. Claude Buisson reconnaît Félix comme étant son fils légitime.

 

Repère – Trajet – Arbre de Descendance de Claude et Marie en 1859:

La carte de Cassini de la région indique Almasettes et non Almancettes comme actuellement.

  

Arbre d’Ascendance

 


4 – Pierre Buisson

 

P

ierre Buisson, le frère de Claude Buisson se marie la même année que son frère Claude Ü le 23 août 1859 à Félines. Il épouse Angélique Fournerie. L’année suivante, Pierre Buisson décède à La Charité sur Loire à l’âge de 44 ans. Ils ont le temps d’avoir un enfant. 7 mois après, le 22 décembre 1860, naît une fille Séraphine.

 

 

Séraphine Buisson, la nièce de Claude et de Marie tient dans les premières années du XXème siècle, le café restaurant de Félines, unique établissement du bourg sur la place de l’église. On peut encore voir de nos jours ce café.

 

 

 

 

Dans le cimetière de Félines, sa pierre tombale est taillée dans un rocher qui d’après certaines personnes d’Almancettes, vient de Roche Buisson, colline situé à côté d’Almancettes. Ce rocher aurait  été amené puis taillée par son frère ( ?), entrepreneur au Maroc.

 

Arbre de descendance

 


5 – Le départ

 

N

euf mois après le mariage de Claude Buisson et Marie Bonnefoy, naît à Félines leur première fille, Marie Eugénie BUISSON Ü le 4 novembre 1859. Claude est le dernier des fils de la famille Buisson. Claude a trois frères :Benoît, le frère aîné, plus âgé de 12 ans a repris l’exploitation de leur père, Pierre, plus âgé de huit ans part à La Charité sur Loire et y décède, Antoine a 5cinq ans de plus que Claude,et deux sœurs Marguerite et Marie Virginie.

Claude a une sœur Sophie décédée à 7 ans et Paul sûrement décédé jeune.

 

 

Les collatéraux de Claude BUISSON en 1859

 

 

Repère – Trajet : Ci-dessus, le village d’Almancettes et la flèche montre la maison des Buisson et le panneau indicateur à l’entrée du Hameau d’Almancettes

 

 

 

Il n’y a plus assez de travail pour tout le monde. Claude décide de partir de Félines pour trouver du travail.

 

 

 

Marie, Claude et Félix âgé de trois ans, partent d’Almancettes pour aller chercher du travail. Ils laissent la petite Eugénie à la sœur de Claude, Marguerite qui a épousé Blaise Cotin. Ils habitent Bonnefond sur la commune de Saint Victor sur Arlanc, pas très loin de Félines. Claude laisse à Benoit le soin de s’occuper de la ferme d’Almancettes.

Chaque année, Benoit verse du fruit de l’exploitation de la ferme, une pension à Marguerite pour élever Eugénie comme l’atteste le reçu que fait Marguerite à son frère Benoit.

 

J’ai sousigné Marguerite Buisson veuve de blaise Cotin de bonne font commune Sinvitor sur arlant. Je déclare avoir reçu de mon frère benoit Buison la pension de la petite de mon frère Claude Buisson jusqu’au 10 janvier 1863

Buisson

 

 

 

 

Descendance de Claude Buisson et de Marie Bonnefoy en 1860

 

 

 


6 - Les lignes de chemin de fer

 

 

A

 la fin de 1841, on ne comptait en France que 560 Km de voies alors qu'il y en avait déjà 4 912 Km pour l'ensemble de l'Europe et au moins autant aux États-Unis. La loi de 1842, prévoyant de concessions de longue durée et l'aide de l'état pour l'établissement d'un réseau rayonnant autour de Paris, donna un coup de fouet à l'industrie des chemins de fer et fixa en même temps l'aspect définitif du réseau national entièrement centré sur Paris à l'image du régime administratif centralisé de la France et du réseau des routes nationales dont les grandes lignes ferrées devaient suivre le même tracé. Les petites villes de province, relais de diligences, devinrent tout naturellement les principales stations des lignes ferrées et plus tard les gares d'embranchement. ·

 

 

 

En 1850, le réseau français de chemins de fer s’établit comme le montre la carte suivante.

 

 

 

A côté des Compagnies exploitant les grandes lignes et possédant toutes, sauf le Midi, leur terminus à Paris, on vit surgir, dès cette époque, et dans les périodes suivantes, une masse d'entreprises exploitant chacune quelques lignes dans les contrées les plus diverses : chemins de fer de Lyon à Genève, du Dauphiné, d'Alsace, des Charente, des Dombes, de la Vendée, Nantais, de Rouen à Orléans, d'Orléans à Châlons, des Ardennes ; la plupart de ces Compagnies se trouvèrent aux prises avec des difficultés financières et furent peu à peu absorbées par les entreprises plus importantes, de sorte que, vers 1860, il ne subsistait, en France, que six grands réseaux couvrant l'ensemble du territoire : le Nord, l'Est, le P.-L.-M., le P.-O., l'Ouest, le Midi et un petit réseau d'état dans le sud ouest ; les grands réseaux ramenés à cinq par la fusion du P.- O. et du Midi en 1934, ont subsisté jusqu'à leur nationalisation, le 1er Janvier 1938, date de la création de la SNCF : les "régions" de la SNCF respectent sensiblement les limites des anciens réseaux.

 

 

 

 

 

 

En 1860, le réseau français de chemins de fer prend forme mais il reste encore tout le réseau secondaire à construire. C’est un réservoir important de travail pour la population et pour mon arrière grand-père.

 

 


7 - Les Bretons

 

L

a famille Buisson se dirigent vers l’ouest de la France, de travail en travail en suivant les chantiers de terrassements des nouvelles lignes de chemin de fer. Ils se retrouvent en Bretagne.

 

 

Ü Le 31 juillet 1862, naît à Mellac dans le Finistère, Armand, Fortuné BUISSON, mon arrière grand-père. C’est le deuxième fils de Claude et Marie. Félix a presque 5 ans. Eugénie a 2 ans et demi et se trouve toujours chez sa tante Marguerite à Saint Victor. La famille Buisson suit les chantiers du chemin de fer. La ligne de chemin de fer Savenay (Nantes) – Lorient est mise en service en 1862.§

 

 

Repère – Trajet :

Mellac se situe dans le Finistère sud à 5 kms de Quimperlé

 

 

 

 

 

La ligne de chemin de fer Lorient - Quimper est mise en service en 1863§.

Pierre, Alexandre BUISSON naît Ü le 3 Février 1864, à Quimper dans le quartier de Kerfeunteun.

 

La ligne de chemin de fer Quimper - Châteaulin est mise en service en 1864§.

 

Puis à Quimerch’, Jean-Marie BUISSON naît Ü le 21 mars 1865 puis Anne Félicie BUISSON Ü le 21 Décembre 1866. §.

 

 

Repère – Trajet :

 

Quimerch’ se situe dans le Finistère dans le canton du Faou près de Châteaulin sur la ligne de chemin de fer Nantes-Brest.

 

 

 

 

 

 

 

Descendance de Claude Buisson et de Marie Bonnefoy en 1866

 

 

 

 


8 - A Bressuire

 

C

laude âgé de 40 ans est mineur et Marie âgé de 35 ans est ménagère. Ils demeurent à Quimerch à 4 kms de Faou au lieu dit Tyménès mais il n’y a plus de travail. Après la mise en service des grandes lignes : Paris - Quimper (via Nantes) en septembre 1863, Paris-Brest (via Rennes) en avril 1865, la ligne de chemin de fer Quimper –Brest via Châteaulin et Landerneau ouvre en Décembre 1867¨, soit à peine un an après la naissance d’Anne Félicie.

 

Claude décide de chercher du travail ailleurs. Il part cette fois ci seul en laissant femme et enfants, les 4 garçons et la petite dernière.

 

Ü En Février 1867, Claude BUISSON se trouve à Bressuire dans les Deux-Sèvres.

 

 

Repère – Trajet :

Bressuire, à mi chemin entre Nantes et Poitiers

 

 

 

Claude mène une vie solitaire et difficile.

 

 

Claude a du mal à joindre les deux bouts comme on le ressent dans cette première lettre. Il demande à son frère Benoît de lui envoyer de l’argent.

 

 


Lettre de Claude Buisson à son frère Benoît

 

 

 

 

 

 

A gauche, vous trouvez la transcription du texte original et à droite la lettre originale.

 

 

Bressuire, le 22 février 1867

 

 

Mon cher frère et belle-sœur

 

Je te dirai que j'ai reçu ta lettre qui m'a fait de plaisir d'apprendre que vous est tous en bonne santé. Tu me demandes ma procuration. Je vais te la faire passer tout de suite car j'en ai besoin. Après tout le temps, j’ai resté sans travailler. Par de mauvais temps qu’il a fait. Je te prie de me croire que je n’ai pas gagné grand-chose cet hiver et que toute ma famille est toujours en Bretagne en qui me dépense journalement beaucoup d’argent. Et moi de mon coté, je me trouve embarrassé. J’ai commencé à travailler voilà trois semaines par qu’on perd la moitié du temps jusqu’à ce jour et si j’avais ma famille au près de moi j’en trouverais des positions bonnes et avantageuses mais comme n’ayant pas me présenter et ne sachant pas la manière de leur en parler.

 


 

Je te prie bien de avoir la bonté de m’envoyé la somme de quatre cent francs. Courrier par courrier. D’après tu vendras du bois pour faire la somme que tu m’avance vu que je ne vois pas bon le moment ici pour faire honneur à mes affaires. Et si j’aurais cette petite somme. Je tirais ma famille et que je serais dans un état d’en gagner d’autre. Et si tu ne trouves pas à vendre la valeur de la somme de suite en prudites et moi je te payerais en intérêts. Tu en feras des compliments à ma belle sœur ainsi qu’à Célestin et ainsi de tous mes parents de bonnefond et à ma petite fille et quand ma femme viendra nous leur écrirons et sans oublier mon frère antoine et sa femme et belle sœur Angélique, à mes parents de Félines. Je finis ma lettre en t’embrassant de mon cœur. Je suis pour la vie ton frère.

 

 

 

Mon adresse : à Mr Cochard charron

Rue de la Guimbarde à Bressuire (Deux-Sèvres)

pour remettre à Monsieur Buisson »

 

 

 


Lettre de Claude Buisson à son frère Benoît

 

Dans la lettre suivante, Claude Buisson explique à quoi va servir cet argent et donne des nouvelles de toute la famille et des enfants.

Marie Bonnefoy et ses enfants rejoignent leur père Claude Buisson à Bressuire en mars 1867.

 

 

 

 

« Bressuire le 10 mars 1867

 

 

Mon cher Frère et belle sœur

 

J’ai reçu ta lettre avec les trois cent francs que tu m’as envoyé qui m’a fait grand plaisir et j’ai envoyé deux cent francs à ma femme et je dirais qu’elle est arrivée avec toute la famille et en bonne santé. Je te dirai qu’il m’en faudrait encore cent francs pour faire honneur à mes petites affaires car je les dois. Je te dirai que j’ai loué une auberge en ville et ils veulent me faire donner soixante francs d’avance. Je les ai promis et il me reste guère. Je lui ai demandé la quinzène, si tu veux venir chercher Félix aprésent nous ne sommes pas bien loin. Nous sommes rapprochés de la moitié car sur trois cents lieux, il n’y a à peu près 150 lieux. Je te dirais que Félix apprend bien et que les frères m’ont fit qu’il ferai sa première communion cette année, au mois de Juillet, et qu’il profite bien. Il est déjà grand et bavard.

 

 


 

 

 

 

 

Et je donne quatre francs par mois pour son école ainsi tu nous fera savoir d’avance si tu viendras le chercher et on tacheras de t’envoyer un laisser passer pour venir. Je te dirais que mes enfants de jours que je les avais pas vu en sont bien grandis. Pas autre chose à te dire pour ce moment.

Que moi ma femme et mes enfants se jointent à moi pour te faire des compliments et des amitiés en particulier à notre belle-sœur Françoise, sans oublier Célestin. Félix fait bien des compliments à son frère Célestin et à sa tante Françoise qui a eu tant de bonté pour lui, et qu’elle l’a bien instruit et les frères ont dit qu’il a eu un bon commencement et que Félix leur a dit que c’était sa tante qui lui avais montré et ils nent sont très content. Je finis ma lettre en t’embrassant de tout mon cœur. Je suis pour la vie ton frère et belle-sœur très attachés.

 

Buisson Claude

 

A Bressuire rue de la Guimbarde (Deux Sèvres) »

 

 


Lettre de Claude Buisson à son frère Benoît

 

Dans cette lettre, Félix, âgé de 10 ans écrit un petit mot en bas de lettre à son oncle.

 

 

 

« Bressuire le 28 Avril 1867

 

Mon cher frère et belle-sœur

 

Je m’empresse de vous écrire pour vous faire savoir de nos nouvelles et recevoir des vôtres. Je vous dirais que j’ai reçu les 100 francs que vous m’aviez envoyé. Mon cher frère si j’ai tant retardé à vous écrire, c’est que j’étais en marcher du terrain pour construire, à la gare de Bressuire et comme me voilà presque d’accord du terrain qui me convient bon pour gagner ma vie. Tu m’as dit que tu n’as pas encore vendu mes bois. Tu feras comme tu voudras. Mais nous ne pouvons pas te le rendre cette année cher frère et belle-sœur.

Je vous prie bien d’avoir l’obligeance de m’envoyer tous mes effets que j’ai laissés chez vous. Vous me ferez un grand plaisir car ils me font besoin.

Pour mes souliers, vous pouvez en garder une paire qui vous convient

 

 


 


Et vous donnerez les autres à Bonnefond. Chère belle-sœur, je vous dirai que je vous avais fait faire une belle paire de souliers vernis que Madame Clément devait bien vous avoir parlée que Claude les a oubliés dans la malle quand il est parti à Bressuire et sans celle je les aurais donné à Madame Clément. Mais je vous les conserverais toujours.

Si vous pouviez trouver une malle pour les mètres les effets parce qu’ils se conserveraient mieux. Nous vous retiendrons complète et vous les en registriez pour Bressuire (Deux-Sèvres) sans oublier de mettre le bultin dans la lettre pour les retirer. Je vous dirais que nous avons écrit à Bonne-Fond mais nous n’avons pas reçu de reponce. Vous nous ferez savoir q’il y a rien de nouveaux. Tu me feras savoir si ma nièce Françoise elle est sœur et vous nous ferez savoir si notre petite n’es pas malade et vous leurs ferez bien des compliments à tous. Je vous dirai que tous mes enfants sont en classe accepter un»

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

qui est malade depuis que nous sommes parti de la Bretagne. C’est fieul de madame Clément Jean Marie. Plus rien autre chose à vous dire que bien des compliments à ma sœur de Félines ainsi qu’à Célestin. Le petit Félix vous prie bien de mettre son accordéon dans la malle à clef et de garder la clef avec vous parce qu’il pourrait manquer des affaires dans la malle.

Je finis ma lettre en vous embrassant de tout mon cœur, ma femme se joint à moi pour vous faire des compliments et des amitiés les plus sincères. Nous sommes pour la vie votre frère et belle-sœur très attachés.

Buisson Claude

 

Félix Buisson

 

Cher oncle et chère tante

 

Je vous fais voir mon écriture et je vous embrasse de tout mon cœur.

 

 

Jean-Marie, le fils de Claude est bien malade depuis la Bretagne. Il succombera le 17 septembre 1867 à Bressuire dans les Deux-Sèvres

 

 


9 - 1870, la guerre contre la Prusse et le décès de Claude Buisson

C

laude comme il le dit à son frère Benoît est en pourparler pour acheter un terrain afin de construire près de la gare de Bressuire mais l’affaire n’aboutira pas. Il suit avec sa famille de nouveaux chantiers sur les lignes de chemin de fer. Il se déplace sur la ligne de chemin de fer Tours – Orléans et habite à partir d’août 1870 à Chécy, à l’est d’Orléans dans le Loiret. Claude travaille comme terrassier sur le chantier du chemin de fer de la ligne Orléans – Giens. Ils habitent chez Théodore Rellion qui lui aussi est terrassier.

Repère – Trajet :

 

Chécy dans la proche banlieue d’Orléans

 

 

L’histoire rattrape la vie de la famille Buisson puisqu’en ce mois d’octobre 1870, 40 000 prussiens attaquent Orléans devant 5 000 soldats français.

 

Extrait de l’histoire d’Orléans (http://morgann.moussier.free.fr/orleans/histoire/TroisRep.htm)

Le 10 octobre, le 1er corps bavarois attaque Artenay, et le bruit des coups de canons fait sortir les orléanais dans la rue. A l'issue d'un violent combat, les français doivent se replier. Lamottte-Rouge part à Cercottes pour évaluer la situation et décide à lui aussi de se replier sur la rive gauche.

Les combats du 11 octobre

Le lendemain cependant, les troupes d'arrière-garde tentent encore de contenir l'avancée allemande. Les soldats français, retranchés dans les faubourgs, aux Aubrais et aux Aydes, sans ordres de leur commandement, entament alors un combat de rues héroïque, à l'image du bataillon du commandant Arago, qui sera tué devant le numéro 423 du faubourg Bannier. Toute la journée, soutenus par les habitants qui recueillent et soignent les blessés, la résistance qu'ils opposent est telle, que les allemands n'ont d'autre choix que de les bombarder. Quelques obus se perdent dans le centre ville, mais le maire, M. Crespin refuse d'arborer le drapeau blanc.
Mais les derniers soldats français sont pris en tenaille et tués pour la plupart.
Vers 19 heures, les bavarois commandés par le général von der Tann envahissent la ville, en pillant au passage les épiceries.

 

Dans ces circonstances dramatiques, Claude Buisson décède Ü le 15 octobre à 5 heures du soir. Il est âgé de 48 ans. Ce sont ses amis et voisins, Théodore Rellion, âgé de 49 ans et Edmond Pineau, tonnelier, âgé de 48 ans qui viennent déclarer le décès à la mairie. Le décès de Claude Buisson est-il la conséquence des combats qui a eu lieu à ce moment là ?

Marie Bonnefoy, veuve de Claude Buisson se retrouve seule avec Félix, 13 ans, Armand, 8 ans, Pierre, 6 ans et Anne Félicie, 4 ans. Sa fille aînée, âgée de 11 ans se trouve toujours en pension à Bonnefond chez sa tante Marguerite. Comment va-t-elle arriver à survivre avec tous ces enfants ?

 

Félix est grand et Marie Buisson envoie Félix en pension à l’école catholique de Montpellier dans l’Hérault comme l’on peut le constater par une feuille de calcul à l’en-tête de l’école.


 

 

 

 

 

 


10 - Le remariage de Marie Bonnefoy

 

C

‘est une lettre de Félix à son oncle Benoît qui nous apprend le futur remariage de sa mère. La lettre étant très peu lisible, en voici seulement le contenue.

 

3 juin 1872

Loués soient les sacrés cœurs de Jésus et de Marie

Cher oncle et chère tante

Voici la lettre que j’ai reçu de ma mère le 3 juin.

 

            « Cher fils, je te dirais que je suis sur le point de me marier avec Lecorre pierre. Je te dirais que j’ai publié à l’église une fois car cher fils tu vois bien que je peux pas gagner ma vie toute seule. Si tu ne m’avez pas quitté, je ne me serais jamais remarier mais si cettes te contrarié la moindre des choses je ne ferais pas car je ne veux pas te contrariez. »

Cher oncle et chère, jugez ce que je dois faire si je dois lui répondre oui ou non je vous dirais que le saint jour de Pâques j’ai pris l’habit religieux et j’espère qu’avec le secours de Dieu, je pourrais te parler dignement tous les jours de ma vie. Vous ferez bien des compliments à tous mes parents et en particulier à Célestin. Je vous embrasse de tout mon cœur et je désire que vous soyez tous en bonne santé comme je le suis.

 

Votre Neveu très attachés

Félis Buisson

Réponse de suite de suite le plus vite possible.

Je ne pense pas que Marie Bonnefoy attendra la réponse de son fils aînée car Ü le 3 Juillet 1872 à Saint Porchaire, canton de Bressuire, elle se remarie avec Pierre Lecorre.

Bizarrerie de l’Etat Civil ou comment les noms changent : sur son acte de mariage, l’époux signe « Lecorre » et sur l’acte de mariage, son patronyme est noté « Coré ». Pierre Lecorre est né dans le Finistère à Melgven. Il a 36 ans et Marie a 42 ans.

 

Les deux mariages de Marie Bonnefoy en 1872


Lettre de Marie Bonnefoy à Virginie, sa belle sœur, épouse de Laurent SANTENAC non datée.

 

Chère beau frère et belle sœur et chères enfants

 

Je m’empresse de vous écrire pour savoir de vos nouvelles et pour recevoir des votres. Je vous dit que nous nous portons tous bien pour le moment. Chère belle sœur, j’ai appris que vous êtiez malade depuis longtemps. Sa ma bien fait de la peine mais il faut bien se résigner à la volonté de dieu car  nous sommes dans se monde pour avoir des peines et des souffrances. Moi je me porte toujours comme labitude pas très bien. Chère parente vous me dites qu’il y a longtemps que je vous et pas écrit. La raison et vrai car je n’osait pas vous faire savoir que j’étais remarié. J’avais peur de vous faire de la peine. J’étais bien énervé car je pouvais plus resté au chemin de fer car les ouvriers ne faisait tous perdre. Ils m’ont fait perdre 230 francs du temps que j’étais à la paye. Il venait à la maison. Il enfermait la porte pour prendre leurs effets et se sauver. Sa mavait si tellement dégouté que j’en loge plus il y a 8 mois je pensais que si je m’ent aller au pays, j’aurez fait perdre l’éducation de mes enfants. Je n’aurais pas pus les garder avec moi. C’est qui m’a fait décidé de me marier quand je pensais à sortir ses 2 enfants de là car c’est la maison de dieu et je vous direz quis sont bien savant tous les 2. Ses 2 enfants je pense qui fait mon bonheur car si vous les voyez vous les reconnaitriez plus parce qu’il sont ….vertueux. Armand me parle toujours que quand il aura 15 ans qui veut aller rejoindre son frère je ne lempecherai pas bien le contraire……….

…..si ma tante n’est pas guerie armand et pierre il font bien des compliments à leurs oncles et leurs tantes et en particulier  Armand qu’il a bien du chagrin que sa tante et malade il se rappelle delle quand il lui faisait la classe. Y dit souvent qui voudrait bien la voire.

Adieu chers parents pas autres choses a vous dire pour le moment. Bien des compliments à eugènie ainsi qu’à celestin et à toutes la famille.

Votre belle sœur très attachèes. Buisson bonnefoi

Mon adresse et toujours la meme au vergelo commune de saint parchais

 

Repère – Trajet :Marie habite au Vergelo mais en fait, il s’agit du hameau du Verger Beau sur la paroisse de Saint Porchaire sur la commune de Bressuire dans les Deux-Sèvres

2 mois et demi après son mariage, Marie Bonnefoy met au monde à St Porchaire le Ü 22 septembre 1872, Ernest Jean LECORRE, inscrit Le Coré sur son acte de naissance.


En septembre 1873, Marie habite au hameau de Rivière, à 2 kms à l’est de Chinon dans l’Indre et loire. Elle écrit à son beau-frère Benoit et une femme nommée Massé ajoute ces quelques lignes en bas de lettre.

 

 

C’est une famille formidable. Ils se font aimer dans le pays. Cette femme est un modèle pour élever ses enfants. C’est un ange de patience. Je vous écris ses quelques mots en secret. N’en dites rien sur les lettres. Voici mon nom A Dozon, femme Massé.

 

A peine plus d’un an après la naissance d’Ernest Jean, Marie Bonnefoy met au monde à Rivière le Ü 3 octobre 1873, une fille Marie Joséphine LECORRE. Elle se fera appelé Maria plus tard.

En décembre 1873, la famille se trouve au village de « Les Closeaux » au nord est de Chinon.

 

Repère – Trajet :

 

Septembre 1873 : Rivière

 

Décembre 1873 :

Les Closeaux

 

1874 :

St Benoit la Forêt

 

 

 

11 - L’an 1874

M

arie Bonnefoy, épouse Lecorre habite en 1874 à Saint Benoît la Forêt près de Chinon en Indre et Loir le long de la ligne de chemin de fer Tours – Chinon. Cette ligne ouvrira en 1875. La lettre de Marie à Benoît est assez illisible mais intéressante car elle parle de tous ces enfants et demande des nouvelles de ses deux d’enfants vivant loin d’elle.En cette fin d’année 1874, comme le veut la tradition, la famille Buisson-Lecorre envoie leurs vœux de bonne année mais c’est Armand, mon arrière grand-père qui écrit. Il est alors âgé de 12 ans et apparemment l’orthographe n’est pas encore son fort.


 

faite à Sint Benoit le 27 Décembre 1874

Mon cher oncle nous voillas arrivé au premier de l’an tous les ans a cet époque je m’amprese de vous écrire l’anné ne comanceras pas sans que je presente les sujet de bonn annés je ne manquerait pas à mon devoir en laisen passer le premier des cettes anés san vous témoinés mas reconaisase et vous adreser l’espression des entiment qui rège dan mon cœur. Je sui éloigés de vous mais la distance n’effase pas de mon souvenire votre soilitude et vos bonté. Je vous soitent une bonne et heureus annés et une santé parfaite et a dir que je vous

 


 


Souhaite la continuasion du bonneur dont vous jouissez. Il m’et bien pénible d’être aujourd’hui éloigné de vous ; je vous embrasse de tout mon sœur votre très humble et très obéissant neveut Armand Buisson.

Mon cher cousain je vous offre mais suet de bonne anné. Je vous souhaite tout sorte de prospérité au renouvelement ce cette annés vous soiterait la bonne annés a ma tante angelique ainsi qu’a ma cousine séraphine et vous soiteré la bonne annés a mon cousin félix ainsi qu’a ma cousine et mon oncle et a mas

 



Et ma tante ainsi qu’a tout nos parent cher oncle je vous dirait que mon frès et a l’école chez les frères pour faire sa premier communion je vous dirait que mas seour félisi et à l’école ches les seour et il se porte bien et il vous souhaitent un bone é heureuse année et le paradis a la fain de vos jour.

 

Armand Buisson

 

Ma mère se joinne a moi pour ous offris se vœu et se suet de bonne annés ainsi qu’à toute la famille an particulier a mon baus frère san oublier ma filles

 


 

 

Eugénie nous souhaitant tout un bonne annés et nous tenbrosson de tout ner cœur. Cher beau frère je vous dirai qu’il fait bien mauvais temps qu’il a beaucoup tombé de neige ou nous sommes qu’il a écrasé les bois de la foret je vous dirai que si dans nos bois s’il y en a de casser dela vendre et donner l’argent à mon neveu Félix ou bien à Eugénie ou bien à Eugénie si elle a besoin vous ferai le mieux votre belle sœur qui vous embrasse de tout son cœur.

 

Marie Bonnefoy

 

 


12 – L’adolescence d’Armand

 

 

 

M

Arie Bonnefoy va voir sa famille à Félines au début de l’été 1876. Elle en revient malade et met une quinzaine de jours pour se remettre du voyage. Elle écrit à sa belle famille le 31 juillet 1876 de Château-Gontier.

 

Repère – Trajet :

Château-Gontier se situe en Mayenne entre Laval et Angers. La ligne de chemin de fer Château-Gontier – Sablé ouvre en 1876 et Château-Gontier - Nantes (via Châteaubriant) en 1877

 

 

En 1876, Armand, âgé de 14 ans fait une fugue ….

 

 

Chatau Gontier le 31 juillet 1876

 

….. Je vous dirait que Armand et partie de la maison il y a 5 jours je ne saie ou il et jen ai bien de la peine je vous demande conseille si je doit le faire araiter ou bien le laisser aller je ferait comme vous allez me dire je vous dirait que Pierre et Félicie il se porte bien et son bien sage et il desirait bien vous voir et il vous font bien des amitié. Je vous dirait que Félicie a eu ses prix aujourduie elle en a eu une dizaine…

 

marie bonnefoy buisson voilà mon adresse au buron pré du cemière saint enventin proche château gontier mayenne

 

 

Le 16 mars 1877, Félix est au collège de Montpellier. Agé de 20 ans, il est professeur de Français ans une classe de 16 élèves. Il écrit à son oncle Benoit :

 

« Ici la nourriture est double qu’à Florac. Le matin, café au lait, pain, fromage et vin. Le midi, trois plats dont deux de viande et un légume et deux desserts. Le soir, un rôti et un pat de légumes et deux desserts. Comme vous voyez cher oncle, la position est bonne et tenable. Pourvu que les radicaux que vous avez nommés ne viennent me déranger.. ? »

 

En 1878, Armand fait une deuxième fugue et sa mère le retrouve malade à l’hôpital civil de Rochechouart (Haute Vienne)…

 

 

Au Puynège le 20 juin 1878

 

….. Armand, il est tombé malade voilà troos emaines qu’il est à l’hopital. J’y est était le voir trois fois. Il a la fièvre tifoïde et « mutueuse ». Il est a trente lieues de chez nous. J’en arrive aujourd’hui et je pert espoir car il n’a pas quitté le lit. Il ne fait que pleurer et il voudrait que je l’amène avec moi. Ca m’est impossible car il ne pourrait pas endurer le chemin de fer. Il faut que je prenne une voiture et que lui mette son lit de dant. On me demande quarante francs pour aller le chercher. Il faut plus de trois jours mon cher beau-frère. Je vous prie de m’envoyer la somme de 50 francs sur la ferme de cette année ou bien si vous voulait vendre ces boulots je vous enverrez ma procuration ce n’est pas pour cinquante francs qu’il faut le laisser mourir dans les hôpitaux. J’ai mangé 45 francs en mes trois voyages je pense que s’il était auprès de moi il serait plus vite guérit. L’ennui l’a prit. Il ne fait que de pleurer jour et nuit.…Je me trouve sans sous. Nous sommes 5 sur la journée d’un homme qui gagne 4 francs et il tombe de l’eau tous les jours…Je vous dirais que je ne sait pas où il a passer Pierre. Ayez pitié de votre neveu car il a que vous pour lui servir de père…

voilà mon adresse madame Buisson aux Puynèges commune du Palais près de Limoges.

 


13 - Marie-Eugénie - 1878

 

M

arie Bonnefoy demande en mars à son beau-frère des explications sur les faits et gestes de sa fille Eugénie qui vient de lui écrire. Eugénie lui demande de l’argent qu’elle doive aux sœurs et au boulanger. Marie demande à son beau-frère Benoît de se renseigner auprès de ces personnes. Marie ne pense pas lui envoyer les 70 francs que sa fille lui demande. Marie demande à ses fils Pierre et Armand s’ils veulent leur prêter chacun 10 francs. Leurs réponses sont négatives et rétorquent qu’elle pourrait faire comme eux : travailler un peu pour gagner sa vie !

 

Marie décide de ne plus laisser sa fille aînée à Félines et demande qu’Eugénie vienne la rejoindre pour la surveiller de plus près. Au début de l’été 1878, Marie Eugénie, âgée de 19 ans débarque chez sa mère à Palais au hameau de Puynèges, à coté de Limoges.

 

Repère – Trajet :

Palais sur Vienne se situe au nord ouest de Limoges entre la rivière Vienne et la ligne de chemin de fer.

 

 

Pierre Lecorre, 43 ans travaille à la construction de la ligne de chemin de fer à Palais. La famille Privat, le père André, 60 ans et ses deux fils Benoit, 28 ans et Jean-Baptiste, 23 ans sont aussi employés à sa construction. C’est ainsi que Marie-Eugénie et Jean-Baptiste vont se rencontrer.

 

En 1878, Marie a 48 ans et ses enfants ont Armand 16 ans, Pierre 14 ans, Anne-Félicie 12 ans, Jean Lecorre 6 ans et Maria Lecorre 5 ans. Félix, âgé maintenant de 21 ans est caporal au premier régiment du Génie en garnison à Versailles.

 

La descendance de Marie Bonnefoy en 1878

 

 

 

Félix Buisson a une correspondance régulière et fournie avec son oncle Benoît de Félines. C’est dans l’une de ces lettres qu’il va annoncer à son oncle le mariage soudain de sa sœur Eugénie à peine un mois après être arrivée à Palais.


Ü Le 19 septembre 1878, Eugénie Buisson se marie avec Jean-Baptiste Privat. Félix et Pierre Lecorre sont les témoins de la mariée. C’est le premier mariage des enfants de Marie et Claude Buisson et c’est une véritable grande noce.

 

Voici raconté par Félix, cette merveilleuse journée de noces pleines de sentiments, d’humour et d’enthousiasme. Félix nous décrit avec réalisme le caractère de sa chère et tendre sœur !

 

Puynèges le 21 septembre 1878

 

Mon cher oncle

 

C’est au nom de toute la famille que je viens m’entretenir avec vous. Cet entretien sera un peu long parce que j’ai beaucoup de choses à vous dire et des choses toutes plus belles et plus surprenantes les unes que les autres. Je commencerai par vous dire que j’ai obtenu une permission de huit jours pour assister aux noces d’Eugénie qui ont été faites le Jeudi 19 de ce mois. Ces noces ont été célébrées avec la plus grande pompe possible et imaginable. Rien n’y manquait : messe en musique, musiciens, danses, grand décime, dîner, gaieté, joie, bonheur, chants, chansonnettes en un mot tout ce qu’on peut imaginer pour faire une grande noce. Je laisse ceci de côté pour vous dire ce que je pense de ce mariage. J’ai tellement été surpris de ce mariage et je suis encore tellement épaté de ce mariage que je n’en reviens pas et vous-même, cher oncle, lorsque je vous aurais fait connaître

 


 

Toutes les circonstances qui l’ont amené et le résultat qui s’en suivront en serez vous même ébahi. Figurez vous un beau jeune homme de 23 ans capable, chef de chantier, doux, aimable, charmant, possédant toutes les qualités requises pour devenir riche et rendre une femme heureuse ayant un cœur d’or, de belles qualités extérieures, très beau jeune homme. Figurez vous tout cela et vous aurez le portrait de celui qui a épousé Eugénie dont je ne vous fais pas le portrait vu que vous la connaissez mieux que moi et peut-être même de trop. Et bien maintenant qu’en pensez vous ? Quant à moi je vous l’ai déjà dit, j’en suis encore tout espatrouillé. Mais je dois vous le dire c’est grâce à ma mère qui a une très bonne réputation et est aimé de tout le monde que le beau jeune homme s’est décidé à la prendre. Car vous le savez comme moi ce ne sont pas ses qualités extérieures, ni son caractère, ni son amabilité qui auraient pu faire cette conquête. Maintenant je vais vous parler de la famille de ce beau jeune homme. C’est le fils de la sœur de M Tézaire, entrepreneur et grand ami de feu mon père. Je vous dirai, cher oncle que c’est une famille on ne peut plus aimable et obligeante. La preuve de ce que j’avance. Je vous dirai que M Tézaire a offert de faire les avances pour élever une cantine et que lorsqu’ils sont arrivés à Limoges

 


 

Il n’y avait guère de travaux et ce pendant il les a embauchés de suite et leur a promis qu’ils auraient toujours de travail à leur donner. Armand a 32 centimes de l’heure et Pierre 30 et mon beau-père 38 centimes. Vous voyez que tout cela leur fait une bonne journée. Je sens que vous devez commencer à vous fatiguer de me lire aussi je m’en vais finir en vous remerciant au nom de ma mère et de tous nous autres des bontés que vous avez eues et que vous avez encore pour nous et pour elle. Je vous demande pardon dis je de toutes les peines qu’elle vous a données, qu’elle vous a causées, des chagrins qu’elle vous a donnés trop de fois et surtout des désagréments qu’elle vous a procurés. Mais je vous le dis de toute ma sincérité dont je suis capable et avec joie que je suis très content pour vous et pour nous qu’elle nous ait débarrassé. Tant pis pour celui qui s’en ait embarrassé ça c’est son affaire. Le principal pour vous c’est qu nous soyons déchargé de ce lourd fardeau car depuis un mois seulement qu’elle est avec ma mère il n’est aucune peine, aucune insulte, aucun désagrément qu’elle n’ait pas fait à ma mère, à son beau-père, à mes frères et sœur. Jamais elle n’a seulement voulu aider ma mère

 


 

dans ses soins et occupations de ménage. Aussi cher oncle, je dis et nous dirons de bon cœur Dieu soit loué. Adieu cher oncle je finis en me joignant à mes frères et soeurs et mon beau-père pour vous souhaiter le bonjour et vous faire les compliments que vous méritez et remerciements que nous vous devons.

 

Votre neveu qui vous aime et vous embrasse de tout son cœur

 

Félix Buisson

 

Apparemment Eugénie n’était pas très commode à vivre.

Voici une transcription littérale d’une lettre d’Eugénie et de Jean-Baptiste Privat à son oncle Benoît qui a eu la charge pendant des années de la surveiller quand elle était à Félines.

 

 

Faite au Puynèges le premier octobre 78

 

Chère oncle

 

Je vous écrit poure la première foix et jai chauze de vous appeler oncle chere oncle vous me pardonrais si sa tant tardait a vous remerciez de la bonte que vous avez prie poure envoyer le estrait de nesance de votre frère et de ma famine mantenant chere oncle jaurai aité bien contant si vous aviez été à nos nose je desirait bien de vous conetre mes je pense que je vous conaitrait bien avant de 2 sant peutaitre que nous aprochons de chenous et alorse nous finiront de arivez chenous et nous boiront un bon coupstous ensemble chere oncle si vous pouvaiez nous envoyer une petite qaise de fromages ce che vous vvous me ferait ungrand plaisire par que Eugénie ne les fromages du limsin se sont desfromages très neauba. Cher oncle si vous pouvait me envoyer vous me le dirait je vous enverait largons qui vous fodra bien nos compliments a tout nos parant et en particulier a ma tante Angélique et à sa fille que je ne connaît pas.

Cher parien je vous dirait qu je suis mariez depuit le 19 septambre et je suis trait contant sui epousez une bon famille me font bien deageure et de donête tait je finit malaitre en vous embrassance de tout mon cœur et suis pour toujour votre fileul

 

Eugénie Buisson femmes Privat

 

Votre neveu tre atachez vous embrase de tous son cœure

Batiste Privat

 

Voisie mon adrese Batiste Privat au Puyneges commune de Palais de Limoges Haute Vienne

 

PS

Cher oncle

Je vous prie de vous donner la peine de regardez de le boix qui se gate et de le vandre vous nous ferait bien plaisire nous vous recompanseront e ma mère ennait bien consante si vous voulait lefaire repondez nous desuite ma mère vous enverait sa procuration reponse de suite.

 


 

Félix parle de sa soeur Eugénie dans une lettre envoyée à son oncle Benoît dont voici un extrait.

 

Versailles le 13 octobre 1878

 

…. Comment trouvez vous le mariage d’Eugénie ?? et Qu’en pensez vous ?? Croyez vous qu’elle n’a pas une chance ??? Là-dessus, j’ai une chose particulière à vous demandez, comment se fait-il qu’Eugénie ne voulait plus rester au Pays ?? Qu’elle écrivait des lettres à ma mère pour qu’elle lui envoyât de l’argent. Un jour il parait qu’elle lui a demandé 77 francs disant que si elle ne lui envoyait pas que c’était une mère dénaturée qui abandonnait son enfant etc. etc.…

Il y a là dedans quelque chose qui n’est pas claire. Il me semble qu’il y a du louche. Mais enfin laissons çà de côté. Nous en sommes débarrassé et elle nous a débarrassé. Nous en sommes débarrassé. C’est le principal. Figurez vous qu’elle avait vite fait des connaissances puisqu’en faisant le trajet de Clermont Ferrand à Limoges, elle s’était liée d’intimité et s’était fait un amant d’un cuirassier qui s’est trouvé en wagon avec elle….

Ce cuirassier lui avait donné son adresse aussi si elle n’avait pas trouvé Baptiste, elle parlait de quitter ma mère pour se marier avec ce cuirassier.

Cher oncle je vais terminer ma lettre car je sens que mon bavardage dot vous fatiguer. Il y en a assez pour cette fois. Faites moi savoir des nouvelles du pays. Est-ce que le frère Alfred a été vous voir ? Les récoltes ont-elles été bonnes ? Le froid commence t-il à se faire sentir ? Ici pas trop mais il commence.

Dites le bonjour et faites mes amitiés à Séraphine et à Célestin sans oublier la petite Roze, Félix mon parrain ainsi que sa femme et ses enfants et en un mot tous mes parents et parentes. Je suis avec le plus profond dévouement et l’affection la plus chère.

 

Votre neveu

 

Félix Buisson

 

Félix devient sergent puis sous-officier du Génie au 11ème Bataillon de la 3ème Compagnie au camp de Satory à Versailles.

 

 


14 - L’an 1879

 

A

u printemps vers la fin du moi d’Avril, Marie Bonnefoy et ses enfants partent du Palais pour aller au lieu-dit Bardoir dans la commune de Savenne au sud de Bourg-Lastic dans le Puy de Dôme.

 

 

 

Neuf mois après son mémorable mariage, Eugénie donne naissance à une petite fille Catherine Privat le Ü 6 juin 1879 au hameau de Puynèges dans la commune du Palais sur Vienne. Mais en cette année 1879, le destin frappe, impitoyable, la pauvre Eugénie meurt en couche.

 

 

 

 

 

 

Voici comment Marie Bonnefoy apprend la triste nouvelle à son beau-frère.

La descendance de Eugénie Buisson en 1879

A Bardour le 10 juin 1879

Mon bien cher beau-frère

Je m’empresse de vous faire savoir de nos nouvelles et pour en recevoir des votres cher beau frère je vous dirais que je viens aujourd’hui de recevoir une lettre que la pauvre Eugénie est morte en couche et il ont était chercher le médecin à Limoges pour la délivrée sitôt qu’elle a était délivrée elle est morte elle laisse une petite fille. On me dit qu’elle est bien gentille ce qu’elle va devenir car moi et je me ports pas très bien et cela sa va finir de me rendre malade de voir une mort si triste je me figure que si j’aurais été près d’elle elle ne serait pas morte mais il y avait un mois et demie que j’étais partit c’est bien dommage elle était bien marier elle était rentrer dans une bonne famille elle aller bientôt revenir sur Clermont car son oncle monsieur Terrayre avait entrepris du travail cher beau-frère je vous dirais que nous autre nous nous portons assez bien pour le moment et nous nous unisson tous pour vous faire des compliments et des amitiés je ne vous en dis … chagrin je vous expliquerez dans quelques temps comment vont nos affaires adieu cher beau-frère.

Votre belle-sœur très attachés

Buisson Lecorps

Le 13 août 1879 à Almancettes commune de Félines, Benoît, étant malade de corps mais sain d’esprit, mémoire et entendement, dicte son testament à Maître Jean-Pierre Momège, notaire de Jullianges. A l’âge de 68 ans, Benoît, propriétaire, veuf de Françoise Berger n’a pas de descendance. Il lègue des biens à ses neveux et nièces : Antoine Cotin, Virginie Cotin, Benoît Sentenac, Séraphine Buisson et Célestin Boucharel car ils doivent payer des droits de succession. Les droits de Célestin Boucharel s’élèvent à 320 francs 38 centimes. Il ne lègue rien à ses neveux Félix, Armand, Pierre ni à sa nièce Félicie.

Ü Benoît Buisson décède le 22 août 1879 à Félines. Il n’y aura plus de correspondance avec lui mais les lettres seront envoyées à Célestin Boucharel. Le père de Claude Buisson avait eu d’un premier mariage avec Marguerite Fouillet, morte en couche, une fille Jeanne-Marie. Jeanne-Marie Buisson se maria et eut un fils Célestin Boucharel.

 

Lien de parenté avec Célestin Boucharel

Repère – Trajet :

En 1880, la famille Buisson-Bonnefoy-Lecorre séjourne à Savennes  avant de s’installer  cinq kilomètres plus loin, de l’autre côté des gorges du Chavanon au Sauvette à St Etienne au Clos dans le canton d’Ussel en Corrèze.

Le 29 décembre 1881, ils habitent à Nuzéjouls au nord ouest de Cahors dans le Lot.


15 - La photo de famille

 

C

ette photographie, trouvé dans les archives familiales, montre les 4 enfants de Claude Buisson et de Marie Bonnefoy. La photographie a été prise aux environs de 1880. Armand a l’air assez jeune, 16 ou 18 ans et Félicie aurait 16 ans.

 

De gauche à droite :

Pierre, Anne Félicie, Félix et Armand

 

 


16 - Le service militaire d’Armand

 

A

rmand a 20 ans en 1882. Armand écrit à son cousin Célestin Boucharel, le principal légataire des biens de Benoît Buisson pour lui demander un service. Apparemment à cette époque, si l’on avait un frère dans l’armée, vous étiez dispensé de service militaire comme on peut le comprendre dans cette lettre. Je pense que ces problèmes administratifs se résolveront car Armand ne fait a priori pas son service militaire.

 

Faite le 8 mars 1882

 

Mon cher cousin je vous écris ce quelque mot de lettre pour vous faire savoire de mes nouvelle et en recevoir des votre je vous dirai que je vien d’aprendre du recrutement de Chaors qu’il failait que trois père de famille de chez nous constate comme quoi j’ai un frère au service, la classe 1877, le grade sergent major rengager maintenant sy vous auriez lobligence de faire remplire la feuille que je vous envois aux maire de la commune

 


 

cet a dire à monsieur Duchamt, il aurait falut que je lenvoit ou je sui né mai personne me connaît alors le maire ma di de le renvoyer a notre lieu dabitance, voila mon cousin. Je vous envois mon extré de naisance pour vous faire savoir ou je suis né et vous me le renvairait, je n’ai pas autre chose a vour dire pour le moment ci se nai que je me porte bien et je désire que la présente lettre vous trouve de même je vous fait bien des compliments ainsi que toute ma famille. Je vous prie bien davoir lobligeance de me rendre se service aux plutôt possible je pourrait vous vous récompenser plus tare vous ferait

 


 


bien des complimen de mas pare a votre femme ainsi qu â vos peti enfant ainsi que a mon oncle laurent. Je fini ma le lettre en vous embrasent de tous mons cœur votre affectueux cousin qui vous aime et aimera toujour.

 

Armand Buisson

Cette lettre est annotée par Monsieur Duchamp dont il est question dans la lettre précédente et donne ses instructions à M. Breul.

Prière à M. Breul de remplir le certificat ci-joint et de porter les 3 pères de famille cy après les 2 Durand de Sassac et Sentenac Laurent d’Almance vous trouverez sur le vieu registre de déclaration comme Sentenac signa sur la fin du registre. Vous vous préleverez l’acte de mariage de Claude Buisson et de Marie Bonnefoi ses père et mère. Vous ferez également le permis d’inhumer et transporter de Félines a Montet la fille décédé

Tout a vous Duchamp

Durand Guillaume

Durand paul

 

 

Mariage de Buisson Claude et de Marie Bonnefoi remonte a environ 24 ans

 


17 - Le mariage d’Armand

 

E

n mai 1883, la famille Buisson-Bonnefoy-Lecorre se trouve à Lamothe-Fénélon. Armand, Pierre et Jean Lecorre travaillent ensemble sur les chantiers du chemin fer avec un certain Jean Lavêque, ouvrier mineur, âgé de 44 ans.

 

Repère – Trajet :

Lamothe-Fénélon se situe dans le Lot à 5 kms de la Dordogne et à une vingtaine à l’ouest de Rocamadour et au nord de Cahors. La ligne de chemin de fer de Cahors à Montauban est mise en service en 1884 et celle de Brive la Gaillarde à Cahors en 1891.

 

 

Jean Lavêque marié à Marie Vigouroux ont une fille Catherine Sylla, née le 9 janvier 1864 à Bordes dans les Hautes-Pyrénées.

Comme Jean Lavêque travaille avec Armand Buisson, il va faire la connaissance de sa future femme.

Ü Le 12 juin 1883, mes deux arrières grands-parents Armand Buisson et Catherine Sylla Lavêque se marient. Armand, âgé de 20 ans est ouvrier mineur dans l’entreprise Soubigou. Il est domicilié au village de Lamothe Haute. Catherine âgée de 19 ans ne travaille pas et habite au hameau de Vignals à Lamothe Fénélon.

 

Dans une lettre du 4 Août 1884, Armand, mineur terrassier demeure à La Brunie, commune de St Julien de Lampon à 10 kms de Lamothe-Fénélon.

 

Armand écrit à son cousin pour lui demander de l’argent. Cela fait  quinze jours qu’il n’a plus de travail. Les travaux sont arrêtés et il pensait qu’ils redémarreraient. Il parcourt une partie de la ligne de chemin de fer pour trouver du travail mais en vain.

 

Ü En 1885, Catherine Sylla met au monde un fils qu’ils nomment Félix comme son oncle. Mais il décèdera dans l’année.

 

Ils conçoivent leur future fille le long de la ligne d’Arles à Lunel.

 

Pierre Buisson part à l’armée. En octobre 1886, il est caporal du génie à Montpellier et écrit à son cousin Célestin Boucharel.

 

Montpellier le 11 octobre 1886

 

Cher cousin

 

Je vous serais reconnaissant si vous avez la bonté de m’envoyer l’adresse de Baptiste Privat. Il ya quelque temps que je n’ai pas entendu parler de lui. Je ne sais pas où il est passé ? Je compte donc sur vous et je vous remercie d’avance. Mes compliments à toute la famille ainsi qu’à tous les parents. Votre dévoué neveu.

 

Pierre Buisson

 


18 - Dans le Diois

 

T

oute la famille, faute de travail, part dans la Drôme et nous les retrouvons à Lesches en Diois au printemps 1887 sur la ligne de  Livron à Aspres sur Buech.

Repère – Trajet :

Lesches en Diois se situe dans la vallée de la Drôme entre Serres et Die à côté de Luc en Diois. Beaumont en Diois se trouve sur le versant opposé à Lesches en Diois de la vallée de la Drôme.

 

Ü Le 17 mai 1887, Anne Félicie Buisson se marie avec Barthélémy Bonnebouche, 26 ans, originaire de Dore l’église dans le canton d’Arlanc dans le Puy de Dôme. Ils se marient à Beaumont en Diois où son mari y habite. Anne-Félicie part voir ces beaux-parents dans le Puy de Dôme accompagné de son mari.

 

Ü Le 11 juillet 1887, à Beaumont en Diois, Catherine Sylla épouse d’Armand Buisson donne naissance à une fille, ma grand-mère, Marie Armandine Claire BUISSON.

 

La descendance de Armand Buisson et Catherine Sylla Lavêque en 1887

 

Le 18 septembre 1887, Pierre Buisson finit son service militaire et va rejoindre Félicie à Félines. Pierre prend, sur le conseil de sa mère, le train de Montpellier à Darsac grâce à l’envoi de 20 francs de sa mère. Dans une lettre du 3 septembre, Marie demande à sa fille Félicie de se regrouper avec Pierre, son frère pour vendre leurs biens. Anne Félicie vend ses biens issus de son héritage le 27 Septembre 1887.. Félicie rejoint sa mère à la Cantonnière située sur la commune de Lesches en Diois. Pierre est alors surveillant au Chemin de fer (lettre du 4 octobre à Célestin Boucharel). Pierre ne vendra ses biens qu’en 1900 avec Catherine Privat.


19 – La famille Privat

 

A

près le décès de son épouse Marie-Eugénie Buisson, Jean-Baptiste Privat et sa fille Catherine nouveau née, vont suivre les chantiers du chemin de fer. Jean-Baptiste épouse une certaine Louise.

 

On les retrouve en Septembre 1880 à Olliergues (Puy de Dôme), en Novembre 1883 à Saint Flour (Cantal), en Septembre 1888 à La Tour Blanche (Dordogne), en Décembre 1890 à Entrain sur Nohain (Nièvre), 1891 à Châtillon et en Janvier 1893 à Orsay (Essonne)

 

Jean-Baptiste Privat décède sûrement dans ces années là car en 1893, nous apprenons que Catherine Privat vit seule avec sa belle mère Louise dite « Tata» et son copain de 24 ans.

 

Lettre de Catherine Privat, âgée de 14 ans à son cousin :

Orsay le 3 janvier 1893

Cher cousin et cher cousine

Je vien en se jour vous ofrire une reuse de bonne année insi qua tout vos enfants que ne n’ai pas ne bonheur ed vos connaître mes d’un  deux ou trois an j’ire vous vous voire et je serai grande cehr cousin et cher cousine. Je vous dire que jai quitter ma tante Privat. Mon oncle Pierre est venu me voire et y ma trouvé in mauvaise position don j’ai té mal traité. Elle s’ait mi avec un garçon de 24 ans. Ils me mal treté tout les deux et mon oncle Pierre ma vu ma pausition et y ma renvoiyer ver ma grand mere etmainte nan je sui bien et  aubautent je me plaserai car je suis capable deja nier ma vie. Je me plaserai comme bonne d’enfants cher cousin. Ne renvoyer pas mesrevenu à personne. Vous me ferez sa voire si vous ma vai envoyer mes 19 fr. elle manna paparlé vous ne lui envéré plu srien car je ne veu pas y retourner ché elle cher neuveu et nièce je vous site unebonne et heureuse année un si qua tout la famille vous la souaitera a mon neveu Félix et sa famille et vous lui direz que je me porte bien j’ai un enfan e la Félisi et sa petite fille elle est avec son père a fontenai vous soiterai bien la bonne année à tou les paran dalemancete ma gramere se junamoi pour vous soite une bonne année insicatou les parant. Je fini ma lettre en vous embrasan de tou mon ceur. Je  sui pour la vie votre petite cousine.

 

Catheinre Privat

Volà mon adresse : à m Catherine Privat che M Buisson à Orsay rue de Pari No 19

 

En ce début de l’année 1893, Catherine Privat habite chez sa grand-mère Marie Bonnefoy-Buisson-Lecorre

 

En 1900, Catherine, 21 ans, héritière des parts de sa mère Eugénie Buisson, partira quelques jours en Haute-Loire avec son oncle Pierre Alexandre Buisson. Ils vendront leurs biens à Célestin Boucharel (voir chapitre 14). Catherine vit à Paris.·

 

Ü Le 27 Février 1970, Catherine décède au Kremlin Bicêtre. Elle demeurait 7 rue Bourgon dans le 13ème arrondissement à Paris. Elle est restée célibataire et apparemment elle n’a pas eu de contact avec ma famille car je n’ai aucune photo et ma mère n’a aucun souvenir d’elle.


20 – Anne Félicie Buisson et les Bonnebouche

 

A

nne Félicie et son époux Barthélémy Bonnebouche auront deux enfants : Alexandre né en 1888 et Gisèle en 1889. Anne Félicie Buisson décède en couche à l’âge de 22 ans, Ü le 11 juillet 1889 à Estivaux le long de la Vézère dans la Corrèze. Le père et ses deux enfants habitent ensuite Paris. Alexandre Bonnebouche décède en 1946.

 

Gisèle sera élevée par Armand Buisson et Catherine Sylla Lavêque. Gisèle sera la marraine de Suzanne Bécaud.

 

Gisèle, 23 ans épouse Ü le 28 septembre 1912 à Paris à la mairie du 10ème arrondissement, Marie-Joseph Carrey 41 ans. Il n’y aura pas de descendance. Joseph Carrey décède le 21 juillet 1946 à Paris dans le 16 ème arrondissement.

 

Batrhélémy BONNEBOUCHE - 1912

Gisèle BONNEBOUCHE - 1912

Joseph CARREY - 1912

Gisèle est artiste lyrique. Son nom d’artiste : Floria

Elle habitait 8 rue d'Enghien à Paris dans le même immeuble que Maria Lecorre.

Gisèle, Armandine à 69 ans, travaillait encore comme vendeuse et caissière dans une grande charcuterie alsacienne "Schmid" située près de la gare de l'Est dans le 10ème arrondissement à Paris.


21 - Marie Bonnefoy

 

 

M

arie Bonnefoy-Buisson-Lecorre, Jean Lecorre, son époux et leurs enfants Maria et Jean, encore petits vont continuer leur tour de France.

En 1887, elle se trouve à la Cantonnière située sur la commune de Lesches en Diois dans la Rôme

 

Repère – Trajet :

 

Paris où progressivement toute la famille et leurs descendances vont se retouver.

 

 

En 1893, Pierre Alexandre Buisson, voyant sa nièce Catherine Privat, victime de maltraitance, malheureuse, prend pitié d’elle et la place chez sa mère Marie Bonnefoy, 63 ans qui demeure 19 rue de Paris à Orsay. Marie Bonnefoy élève aussi son petit fils Alexandre Bonnebouche, 5 ans, le premier enfant d’Anne Félicie Buisson, décédée. Pierre Lecorre travaille certainement à la construction de la ligne Orsay à Limours qui fut ouverte en 1899.

 

 

Ü Marie Bonnefoy finit sa vie « chaotique et mouvementée » le 13 Janvier 1894 à Orsay à l’âge de 63 ans. Son époux Pierre Yves Lecorre a 58 ans. Ses petits-enfants Alexandre Bonnebouche, 6 ans et Gisèle Bonnebouche, 5 ans que Marie Bonnefoy gardait seront pris peut-être en charge par leur père ou leur oncle et tante Armand Buisson et Catherine Lavêque.

 

 


22 – La famille Lecorre

 

P

ierre Lecorre, second époux de Marie Bonnefoy décède entre le 14 juin 1921 et le 11 août 1924 mais je ne sais pas où.

 

Son fils Jean Ernest Lecorre va travailler à l’agence de voyages Cook. Le voilà parti aux Etats-Unis et dans le Sahara comme l’atteste ces 2 photos. Il est interprète.

 

Jean Lecorre, 40 ans tient en 1912 à Clamart, un café restaurant.

 

Jean Lecorre se marie Ü le 14 juin 1921 avec Alice Gervais. Elle décède 6 mois plus tard Ü le 28 décembre 1921 en son domicile, 8 rue d’Enghien à Paris.

Il se remarie Ü le 11 août 1924 avec Clotilde Vimeux, veuve de Adolphe Famechon.

Jean Lecorre décède Ü le 10 mars 1928 à Paris dans la 10ème arrondissement à l’âge de 55 ans.

 

Maria Lecorre devient négociante en bonneterie. Elle demeure en 1919, 35 boulevard de Strasbourg à Paris. Elle se marie Ü le 12 mai 1919 à Paris avec Adrien Bayde. Ils n’auront pas d’enfant. Le divorce est prononcé le 22 décembre 1923. Elle habite ensuite 8 rue d'Enghien à Paris dans le même immeuble que Gisèle Carrey.

 

Maria Lecorre en 1912 à

 


23 - Pierre Buisson

 

 

P

ierre en Octobre 1900 demeure à Paris, 18 rue Crozatier dans le XVIIIème arrondissement d’après une lettre du 21. Il travaille au PLM comme contrôleur. Ü Le 27 janvier 1906 à Paris XIIème, il se marie avec Eugénie Augustine PRE.

 

 

Ils ont une fille Madeleine Andrée née Ü le 20 janvier 1907 à Paris XIIème. Ils habitent 22 rue des Charbonniers à Paris en 1907. Leur fille décède très jeune à l’âge de 19 ans, Ü le 20 avril 1926 à Pont sur Yonne. Ils n’ont pas d’autres enfants. En 1926, Pierre habite 22 rue Hector Malot à Paris XIIème. Sa femme possède des maisons et/ou immeubles à Pont sur Yonne. Ils partent en retraite à Pont sur Yonne.

 

Pierre Buisson décède le Ü 16 février 1933 à l’âge de 69 ans. Son épouse Eugénie décède le Ü 7 mars 1956 sans aucune descendance. La maison de Sens revient à Suzanne Pré (une cousine ?). Le reste de la fortune d’Eugénie PRE est offert aux œuvres de la commune de Pont sur Yonne.¿

 

Tous les trois reposent au cimetière de Pont sur Yonne dans le caveau de la famille Buisson. C’est une petite chapelle dont la porte est verrouillée mais les plaques sont encore lisibles Dans le caveau figurent  des photos mais en très mauvais état. C’est une photo de leur mariage à la Salle de la porte Dorée à Paris.

 

 

 

Pierre Buisson en 1912


24 - Félix Buisson

 

 

F

elix se marie mais n’aura pas d’enfant. Sa femme, Marie Guacie Bastieu, d’origine bourgeoise possède à Montpellier des maisons. Félix est élève officier en garnison à Versailles en avril 1884. Félix est sous-lieutenant en 1885, Capitaine du Génie en 1892, Capitaine de Gendarmerie en 1897.

« Le 24 août 1906, lors d’une manifestation des ouvriers tonneliers à St Macaire, le capitaine Buisson fut grièvement blessé à la tête et d’autres gendarmes blessés également, mais gardant son sang froid, rétabli l’ordre, sans brusquerie mais avec fermeté ».

Le 28 août, le préfet le félicite et Félix lui répond « Je n’ai fait que mon devoir ».

Le 1 juillet 1907 : « A Paris, le président du Conseil, Ministre de l'Intérieur à Monsieur le Préfet de la Gironde. Le Capitaine Buisson élevé sur place au grade supérieur de Chef d'Escadron. Satisfaction à Monsieur Chaumet, député et au maire de Bordeaux. »

Félix offre pour le mariage de Marie Buisson et de Joseph Viers en 1907, un service de cuillères en argent dans un étui que Suzanne Bécaud possède toujours. Ces cuillères viennent de Bordeaux. Félix habite au 78 bd de Caudéran à Bordeaux.

 

En 1908, il sollicite un poste en Indochine qu’il obtient et reçoit le commandement de la Gendarmerie d’Indochine en 1911.

 

« Son zèle, son activité inlassable, sa haute conception du devoir lui méritèrent les appréciations les plus élogieuses au cours de sa carrière qui prit fin en 1913, date de son admission à la retraite pour ancienneté » extrait de l’adieu du Lieutenant Colonel Riocheux.

 

Rappelé à l’activité au début de la guerre, il est désigné pour le commandement de la gendarmerie de la Haute-Loire. Puis il passe Chef de bataillon territorial dans le Génie le 15 mars 1915. Il commande du 15 avril 1915 au 6 juillet 1918, les parcs du génie de la IIIe puis de la VIe Armée.

 

Il recoit le titre d’officier de la Légion d’Honneur le 5 janvier 1917 puis est cité à l’ordre du commandement du Génie de l’Armée, Croix de Guerre.

 

Il prend sa retraite de l’Armée le 21 février 1919 avec le titre de Lieutenant Colonel de Territoriale.

Il dirige ensuite un chantier d’exploitation forestière au Gabon pour le consortium français des Chemins de fer Français.

 

Félix décède Ü le 06 mars 1935 à Montpellier en son domicile au 6 rue Henri Guinier.

« Toujours actif et plein d’entrain, sa conversation enjouée, son esprit toujours optimiste, son obligeance lui donnaient un charme dont le souvenir nous restera. » extrait de l’adieu du Lieutenant Colonel Riocheux.

 

Félix Buisson en 1912


25 - Armand Buisson et Catherine Lavêque

 

A

rmand et Catherine ont un premier fils Armand Barthélémy, né en 1890 à Andrésy dans les Yvelines. Ils ont ensuite Louis né en 1891 à Paris Vème puis Emile né en 1894 mais qui décédé en 1899 et enfin André en 1901 à Paris XIVème.

 

 

25-1 : 1905 : Le travail aux stations de métro St Michel et La Cité

 

Armand Buisson travaille sur le chantier de la station de métro de « la Cité » à Paris qui est une première pour la capitale avec le franchissement en souterrain de la Seine.

 

Extrait de l’articleu : Sous la Seine

La ligne 4 est la première ligne du métro à traverser la Seine. Un premier tracé qui devait assurer le franchissement de la Seine entre le Louvre et l’Institut fut abandonné suite à l’opposition farouche de l’Académie de sentir passer le métro sous les pieds de ses illustres membres.

Le tracé fut donc modifié ainsi : après avoir desservi la place du Châtelet, franchissement en oblique du grand bras du fleuve en amont du Pont au Change, passage sous le Marché aux Fleurs et la Préfecture de police, passage également en oblique du petit bras en amont du Pont Saint-michel et franchissement de la place du même nom avant de poursuivre sous la rue Danton.

Premiers du genre à Paris, les travaux à effectuer sont remarquables. Ils portent sur une longueur de 1100 m, avec un passage sous fluvial, la construction des stations Cité et Saint-Michel.

 

Un concours est donc lancé afin de pouvoir étudier toutes les solutions possibles et aussi d’être en mesure de choisir l’entreprise qui réalisera ces travaux. Des treize candidats qui présenteront 33 projets, c’est l’entreprise Chagnaud qui est retenue. Cette entreprise a fait preuve de sa compétence notamment avec la construction de l’ouvrage de superposition au croisement des lignes 3, 7 et 8 à la station Opéra. Son projet consiste à enfoncer des caissons préfabriqués dans le lit de la Seine. Rappelons pour mémoire que le principal projet concurrent consistait en un creusement horizontal du type galerie

 

Nous sommes en 1905, les travaux débutent. C’est tout d’abord le souterrain entre Châtelet et le grand bras de la Seine qui est réalisé, puis à l’aide de trois caissons son franchissement. Vient ensuite la construction de la station Cité à l’aide de trois autres caissons. Ensuite la construction du souterrain se poursuit jusqu’au petit bras de la Seine, puis son franchissement jusqu’à la station Saint-michel à l’aide de deux caissons. La station est réalisée avec trois caissons supplémentaires. Enfin, le souterrain reliant la station Saint-Michel au bld Saint-Germain est réalisé.

 

Tous les souterrains ont été réalisés à l’aide d’un bouclier sauf une quinzaine de mètres qu’il a fallu construire en boisant les galeries. Même avec cette technique, le travail est impossible : les terrains sont bien trop meubles. Qu’à cela ne tienne, on va congeler les terrains ! Une quarantaine de tubes enfoncés dans le sol dans lesquels circulera une solution de saumure à -24°, congèleront le terrain en quarante jours. Il faudra dix mois pour réaliser ces 14,50 mètres de tunnel. (Cette technique a été racontée à Suzanne Bécaud par son grand-père)

 

 

Les caissons

Il n’y a pas de place à proximité du chantier, les caissons sont donc fabriqués sur la partie basse du quai des Tuileries. Chaque caisson est composé d’un cuvelage en fonte abritant les deux voies, lui-même entouré d’une carcasse métallique. Cette carcasse reçoit elle même un habillage de tôles qui va rendre le caisson étanche en vue de sa flottabilité. Pour finir, les deux extrémités seront fermées provisoirement.

 

Construction d’un caisson sur le quai des Tuileries

 

 

Le premier caisson est lancé en août 1905. Il est amené à proximité du pont au Change, on le positionne, on construit le cuvelage intérieur (1), l’espace entre les deux cuvelages est rempli de béton (2), le caisson s’enfonce progressivement et se pose au fond du lit de la Seine, dans la tranchée préalablement creusée

 

On installe les cheminées d’accès, on envoie de l’air comprimé dans la chambre de travail ce qui a pour effet de la vider de son eau (3). Puis on remplit le caisson d’eau ce qui a pour effet de l’aider à s’enfoncer (4). Les ouvriers travailleront dans cette chambre sous pression et continueront à creuser jusqu’à ce que le caisson soit à la bonne profondeur (5). Ensuite le dessus du caisson est remblayé et la chambre de travail noyée dans du béton (6). Il ne restera plus qu’à faire la jonction entre les caissons et les tunnels.

Il est à noter qu’en août 1974 la RATP ayant besoin une nouvelle fois de faire passer une ligne de métro sous la Seine utilisa le système des caissons...

 

Armand Buisson travaille du 18 juin 1904 au 30 avril 1905 pour l’entreprise Allard Jean, entrepreneur de Travaux Publics comme chef de chantier, pour les travaux du 1er lot de la ligne de métropolitaine n°5. il travaille notamment à la station de la Place de la république et sur le raccord avec la ligne 3.

 

Ensuite du 1er août 1905 au 10 avril 1906, Armand Buisson travaille pour l’entreprise Graveron sur la ligne n°7. Sur son certificat de travail est noté « C’est un agent très énergique qui peut être placé à la tête de chantiers importants. »

 

 

25-2 : 1906-1907 les rencontres des familles Viers-Stouvenin et Buisson-Viers

 

Vers 1906, Armand Buisson et Catherine Sylla son épouse habitent à Malakoff, 62 avenue de Châtillon, au premier étage d’une maison. Au rez-de-chaussée au n° 64, la famille Stouvenin tient un magasin, c’est le « marchand de couleurs ».

 

 

 

Les Stouvenin ont deux filles, Hélène et Rosalie.

 

Hélène Stouvenin se marie avec Lucien Chaussec qui donnera lieu à des descendants de Chaussec, Barbier, Erbetta, Martel, Semenzato et Mégy.

 

Rosalie Stouvenin se marie en 1902 avec Jules Viers, le frère de Joseph Viers (mon grand-père). Jules Viers habite Montrouge, avenue de la Paix qui donne sur l’avenue de Châtillon (voir plan ci-après).

 

Repère – Trajet :

 

L’avenue de Châtillon (ou route de Châtillon) s’appelle maintenant le Bd Pierre Brossolette. Ce boulevard délimite les communes de Montrouge et de Malakoff.

 

La croix bleue correspond au n° 62 du boulevard où habitait la famille Buisson.

 

La famille Erbetta (voir ci-dessus) habita passage du PetitVanves

Un jour de 1906, Jules Viers décide avec sa femme Rosalie Stouvenin de prendre un « train de plaisiru » pour Le Havre. Jules invite son frère Joseph Viers et Rosalie invite sa voisine du premier étage Marie Buisson fille d’Armand Buisson et de Catherine Lavêque.

C’est le coup de foudre au Havre entre Marie Buisson et Joseph Viers. En 1907, ils se marient. Marie Buisson habite au 62 route de Châtillon à Malakoff.

 

25-3 : 1907-1913 ·

 

Armand devient spécialiste en conduite de travaux souterrains acquis sur les chantiers du métro. Il repart en province. Il travaille du 1er avril 1908 au 15 août 1909 pour l’entreprise Veyssere, Fougerolle et Chaussegros sur le 1er lot de la ligne de Brioude à St Flour. Il construit un souterrain de 700 mètres et qui présente d’assez grandes difficultés de boisages (écrit sur son certificat de travail).

« La baraque dans laquelle nous vivions en 1908 à Artige (Hte Loire), près de Brioude.

(de gauche à droite) Armand Buisson, mon frère, mon père, ma mère, moi et l’épouse du photographe » écrit André BUISSON

Ensuite il enchaîne sur un souterrain de 1200 mètres du 15 août 1909 au 15 novembre 1910 pour l’entreprise Picard sur la ligne de Langogne au Puy.

 

25-4: Le travail sur les tunnels de Vallorbe à Frasnes

 

Armand travaille du 20 mai 1911 au 15 mars 1913 pour l’entreprise Raugeard et Levaux sur la construction du tunnel du Bouquet sur la ligne de Frasnes à Vallorbe entre la France et la Suisse ouvert en mai 1915. Ils habitent à Bonnevaux à une dizaine de kilomètres de Pontarlier.

Cette ligne de chemin de fer comprend plusieurs tunnels reliant les deux réseaux et permet ainsi d’avoir encore en service actuellement le Paris-Venise via Lausanne.

Les quelques photos suivantes glanées sur le site internet4 de la police cantonale vaudoise montrent les travaux. Peut être mon arrière grand-père s’y trouve ?

 

 

 

Barthélémy, Armand, fils ainé de la famille devenu forgeron est domicilé à Fontenay aux roses en 1910. Il commence son instruction militaire le 7 octobre 1911 et se termine le 1 août 1912.

 

 

 

25-5: La guerre 1914-1918

 

Barthélémy, Armand, fils aîné de la famille est mobilisé en 1914. En date du 1er août 1914, il écrit ce petit mot.

 

« A décacheter en cas que je ne revienne pas.

Le 1er août. Aimez Marguerite comme si elle était ma femme car je l’ai beaucoup aimé et je l’aimerai tant que je serais vivant ainsi que vous. Votre fils qui vous aime

Armand Buisson. »

 

Armand Barthélémy soldat de 1ère classe au 156 bataillon d’infanterie décède Ü le 25 août 1914 à la Bataille de Courbessaux en Meurthe et Moselle suite à des blessures par coup de feu.

 

Armand Buisson père est employé par l’entreprise Graveron et Allary en qualité de chef de chantier de terrassements, notamment sur les lots 6 et 7 de la ligne Paris à Chartres du 1er mai 1913 au 30 novembre 1917.

 

« Mr Buisson a eu notamment à exécuter des fouilles de fondations profondes et difficiles nécessitant d’importants boisages qu’il a su mener à bonne fin grâce à ses capacités professionnelles et aux soins minutieux qu’il a apportés à l’accomplissement du travail qui lui était confié. »

 

L’entreprise Jacquottet et Robert l’emploie dans le secteur de Lunéville du 24 janvier 1918 au 15 décembre 1918.

 


25-6: L’après guerre

 

Catherine Sylla est tenancière de cantines pour ouvriers sur les chantiers de chemins de fer. A Antony, elle a un café-restaurant (3 tables) à côté du chantier de la ligne de Chartres.

Christiane Buisson possède un verre à Absinthe offert par son père et provenant de ce café.¿

 

Le café Buisson rue Adolphe Pajaud à Anthony

 

 

Armand revient à Massy, déblaie les ruines de la grande guerre à Guignicourt (Aisne). Il construit le remblai du dépôt PO de Vitry sur Seine.

Il est chef de chantier au métro sur la ligne 9 Porte de St Cloud.¿

 

Du 1er février 1920 qu 1er octobre 1921, l’entreprise J. Ossude l’emploie sur les chantiers de reconstruction des voies ferrées de la Cie de l’Est en Meurthe et Moselle et ensuite à la construction du barrage d’Evergnicourt sur Aisne.

 

André Buisson, fils d’Armand est recensé le Ü 06 septembre 1920¿ à Reims. Toute la famille habite à Reims au 84 boulevard Pommery. André Buisson, est de retour le Ü 6 juillet 1923 chez ses parents rue des Prés après 3 ans en Algérie comme engagé volontaire.¿ Ils resteront à Antony au moins jusqu’au 6 décembre 1924, date du mariage d’André Buisson et de Fernande Bonin.

 

A sa retraite, Armand Buisson construit vers 1925 Ì à Antony une maison en pierre meulière, dans une zone résidentielle. La maison comprend un jardin. Armand, le grand-père de Suzanne Bécaud, lui donne un bout de jardin pour qu’elle puisse faire pousser plantes et légumes près d’un cerisier.

En face de la maison des Buisson, habite la famille ANTHERIEU. Marie-Louise Anthérieu devient en 1919 l’épouse de Louis Buisson, fils d’Armand.

 

Armand vend la maison d’Antony pour se faire une rente. Armand et Catherine habitent ensuite en location rue Adolphe Pajeaud à Antony.¿

 

Vers 1932, ils se retirent en Auvergne, le pays de ses parents Claude Buisson et Marie Bonnefoy. Ils louent à Vieille Brioude et déménagent au moins 4 fois dans le village. Ì

 

Ü Le 20 mars 1934, Armand Buisson décède à Vielle Brioude.

 

Elle est très active encore à 75ans. Elle va au marché à Brioude depuis Vielle-Brioude, environ 9 km à pied.

 

Sa femme reste à Vieille Brioude jusque vers 1950 puis elle rejoint ses enfants à Paris. C’est André Buisson, son fils qui vient la chercher en Auvergne. Ces enfants Louis et André hébergent leur mère chacun à leur tour, en alternance tous les mois respectivement à Chatillon et à Massy.

 

Ü Le 24 décembre 1951, Catherine Sylla Lavêque décède à Longjumeau à l’âge de 87 ans.


26 – L’album photo

 

 

 

 

Les parents

Armand BUISSON

Catherine Sylla LAVEQUE

 

 

 

 

Leurs enfants

Marie BUISSON

en1907

Armand BUISSON

en 1912

Louis BUISSON

en 1925

André BUISSON

en 1924

 

 

 

 

27 La descendance complète de Marie Bonnefoy

 

L’arbre de la page suivante montre la descendance sur 3 générations de Marie Bonnefoy.

 

En 2006, à ma connaissance, Marie Bonnefoy avait 96 descendants,

 

Comprenant 24 patronymes différents : BEAUDEGEL, BECAUD, BENHAMOU, BLUM, BONNEBOUCHE, BOUFFIL, BUISSON, CHLIQUE, DUMONTEIL, FOUILLAND, GOURREGE, HEUDE, LAMMIN, LECORRE, MASSONNET, MONBAERT, OLLIVE, PRIVAT, SEIGNEURY, SERES, VALENTINI, VAN DEPUTTE, VIERS et VIGUIER.

 

et 28 personnes portant le nom de BUISSON.

 


Epilogue

 

 

L

es lignes de chemin de fer au gré de leurs constructions et leurs mises en service ont  bercé la vie de Claude Buisson et de Marie Bonnefoy mais aussi de leurs enfants.

 

 

En 1890, le réseau français de chemins de fer s’établit comme le montre la carte suivante.

 

 

Il reste encore bien des points obscurs dans cette histoire mais les recherches se poursuivent…

Si vous avez d’autres anecdotes, souvenirs, documents, n’hésitez pas à m’en faire part.

 


 

Remerciements

 

 

Tout d’abord un grand remerciement à Mme COMBRISSON qui m’a fournit toute cette correspondance entre la famille Buisson le long des lignes de chemin de fer et la famille restée en Auvergne,

 

A Suzanne BECAUD, née VIERS, ma mère, petite fille d’Armand Buisson et de Catherine Sylla Lavêque pour ses lointains souvenirs et pour les albums photographiques,

 

A Claude BUISSON, petit fils d’Armand Buisson et de Catherine Sylla Lavêque pour sa collaboration pour le côté André Buisson et toutes ses recherches entre autre sur Félix et Pierre Buisson.

 

Et bien sur aux informations issues d’Internet:

Sur les cartes : http://www.viamichelin.com/

Sur les cartes de Cassini : http://gallica.bnf.fr/

Sur l’historique sur les lignes de chemin de fer en France : http://rubio.eric.pagesperso-orange.fr

Sur l’historique sur les ouverture de lignes de chemin de fer : http://dodo.al.pagesperso-orange.fr

Sur la ligne de Vallorbe à Frasnes : http://www.frasne.net/gare_historique.htm

Sur l’historique du métro parisien : http://www.histoire-en-ligne.com/

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Fin

 

 

 

 

 

 

 

 

1ère édition : Annecy Juillet 2004.

2ème édition : mise à jour principale § 17 à 27. Annecy Janvier 2008 – fait en 3 exemplaires.

2ème édition : Mise en ligne sur le web en Octobre 2010.

 

Denis BECAUD, généalogiste amateur



[1] Mme Combrisson à Andrézieux Bouthéon

[2] Actuellement, cette commune se prénomme St Just

· d’après le site Internet : http://rubio.eric.pagesperso-orange.fr

§ Site Internet : http://dodo.al.pagesperso-orange.fr

¨ Site Internet : http://www.roscoff-quotidien.eu/ligne-sncf.htm

¨Lettres de Catherine  à Célestin Boucharel du 03/01/1899 et du18/03/1901

¿ Lettre de  Claude Buisson de Massy du 27/11/04

u http://www.histoire-en-ligne.com/spip.php?article17

u Les trains de plaisir étaient des trains à prix très réduits mais imposant aux voyageurs une heure de départ et une heure de retour déterminée à l’avance. C’est la Compagnie des chemins de fer du Havre qui organisa pour la première fois, le dimanche 13 juin 1847, des " trains de promenade " de Paris au Havre. Le voyage aller et retour avait lieu dans la journée du dimanche et ménageait un séjour de cinq à six heures au Havre.

· Certificats de travail procuré par Claude Buisson

4 Les photos issues de ce site http://www.police.vd.ch/actualites/polcant_info/48/tunnel_mont_or.htm#6 ne fonctionne plus.
Voir ce site http://www.frasne.net/gare_historique.htm

¿ Information de Claude BUISSON

¿ D’après les notes de Georges VIERS

¿ D’après les documents de Claude BUISON

Ì D’après les souvenirs de Suzanne BECAUD

¿ D’après les documents de Claude BUISON

Ì D’après les souvenirs de Suzanne BECAUD